Le choix entre ces options dépend de nombreux facteurs : stade du cancer, score de Gleason, âge, état de santé général et préférences personnelles du patient. Il n'existe pas de traitement universellement « meilleur » — seulement des options mieux ou moins bien adaptées à chaque situation.
1. La chirurgie : la prostatectomie totale
La prostatectomie radicale consiste à retirer entièrement la prostate et les vésicules séminales, parfois associée à l'ablation des ganglions lymphatiques voisins selon le stade. Elle est le plus souvent proposée aux hommes de moins de 70 ans en bon état de santé général, et peut être réalisée par différentes voies : chirurgie ouverte, cœlioscopie, ou assistance robotique — cette dernière technique se généralisant progressivement dans les établissements français.
Une analyse anatomopathologique complète de la prostate retirée est ensuite réalisée, ce qui permet parfois d'affiner le score de Gleason initial et de décider, si nécessaire, d'un traitement complémentaire (radiothérapie de rattrapage) en cas de facteurs de risque identifiés sur la pièce opératoire.
2. La radiothérapie : externe ou curiethérapie
La radiothérapie utilise des rayons pour détruire les cellules cancéreuses. Elle peut être délivrée de deux façons : par irradiation externe, sur plusieurs séances étalées sur plusieurs semaines, ou par curiethérapie, qui consiste à implanter directement de petits grains radioactifs à l'intérieur de la prostate. Dans les formes plus avancées, la radiothérapie est souvent associée à une hormonothérapie, sur une durée de 6 à 36 mois selon le niveau de risque.
| Traitement | Principe | Profil de patient typique |
|---|---|---|
| Prostatectomie totale | Ablation chirurgicale complète de la prostate | Homme de moins de 70 ans, cancer localisé |
| Radiothérapie externe | Irradiation ciblée sur plusieurs semaines | Cancer localisé ou localement avancé, toutes tranches d'âge |
| Curiethérapie | Implants radioactifs directement dans la prostate | Cancer localisé à risque faible ou intermédiaire |
| Hormonothérapie | Suppression ou blocage de la testostérone | Formes avancées, souvent associée à la radiothérapie |
3. L'hormonothérapie : freiner un cancer hormono-dépendant
Le cancer de la prostate est un cancer hormono-dépendant : sa croissance est stimulée par la testostérone. L'hormonothérapie vise à réduire ou bloquer cette hormone, freinant ainsi la progression tumorale. Elle est principalement utilisée dans les formes avancées ou en complément de la radiothérapie, rarement en traitement isolé pour les formes localisées. Un développement notable ces dernières années : l'apparition de traitements hormonaux administrés par voie orale, alors que cette classe de médicaments nécessitait auparavant des injections.
Les effets secondaires de l'hormonothérapie (fatigue, bouffées de chaleur, perte de masse musculaire, troubles de l'humeur) sont réels et documentés, ce qui justifie, comme évoqué dans notre article sur l'activité physique, un accompagnement actif pendant toute la durée du traitement.
4. D'autres techniques, en évaluation ou plus ciblées
D'autres approches existent ou sont en cours d'évaluation, en particulier pour des situations spécifiques : les ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) et la cryothérapie, qui visent à détruire les cellules cancéreuses par la chaleur ou le froid de façon plus localisée, ou encore des traitements dits « focaux », qui ne ciblent qu'une partie de la prostate plutôt que la glande entière — une piste prometteuse pour limiter les effets secondaires, mais dont le recul à long terme reste, à ce jour, plus limité que pour les traitements de référence.
⚠️ À retenir sur le plan médical
Le choix du traitement se décide toujours en réunion de concertation pluridisciplinaire, associant urologue, oncologue et radiothérapeute, puis en discussion avec le patient — jamais de façon isolée par un seul praticien.
Chaque traitement présente un profil d'effets secondaires différent (continence, sexualité, fatigue) : ces aspects doivent être abordés ouvertement lors du choix thérapeutique, sujet que nous développerons dans le prochain article.
Il est toujours légitime de demander un second avis médical avant de s'engager dans un traitement, en particulier pour les formes à risque intermédiaire où plusieurs options se valent.
Les tips à retenir :
- ●Il n'existe pas de traitement universellement « meilleur » pour le cancer de la prostate : le choix dépend du stade, du score de Gleason, de l'âge et des préférences du patient.
- ●La prostatectomie robot-assistée se généralise progressivement en France, offrant une précision accrue par rapport aux techniques chirurgicales plus anciennes.
- ●Des traitements hormonaux administrés par voie orale existent désormais, alors que cette classe de médicaments nécessitait auparavant des injections régulières.
- ●Les traitements « focaux », qui ne ciblent qu'une partie de la prostate, sont une piste prometteuse pour limiter les effets secondaires, mais avec un recul encore limité par rapport aux traitements de référence.
- ●Le choix thérapeutique se décide toujours en concertation pluridisciplinaire : n'hésitez jamais à demander un second avis, en particulier pour les formes à risque intermédiaire.



