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Illustration article alimentation - Les graisses : lesquelles privilegier, lesquelles eviter ?
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Nutrition

Les graisses : lesquelles privilégier, lesquelles éviter ?

IRIS Prévention
13 May 2026
Et si j'avais tort de me mefier de toutes les graisses depuis des années ?

Illustration article alimentation - Les graisses : lesquelles privilégier, lesquelles éviter ?

Pendant plusieurs decennies, les graisses ont été designees comme les grandes coupables des maladies cardiovasculaires et de la prise de poids. La mode du tout-allegee en graisse a domine les années 1980-2000, avant que la recherche scientifique ne vienne profondement nuancer ce message. Aujourd'hui, le consensus est clair : toutes les graisses ne se valent pas, loin de la. Certaines sont indispensables a ma santé, d'autres sont a limiter, et quelques-unes sont réellement a éviter. Faire le tri, c'est l'objet de cet article.

1. Les lipides : un macronutriment indispensable

Les lipides, communement appeles graisses, sont l'un des trois macronutriments essentiels avec les glucides et les protéines. Contrairement aux idées recues, les supprimer de mon alimentation serait une erreur grave. Ils jouent des rôles biologiques fondamentaux :

  • Constitution des membranes cellulaires : les phospholipides forment la double couche lipidique de toutes les cellules de l'organisme
  • Synthèse hormonale : les hormones steroidiens (œstrogènes, testostérone, cortisol) sont synthetisees a partir du cholestérol
  • Transport des vitamines liposolubles : les vitamines A, D, E et K ne peuvent être absorbees qu'en présence de graisses alimentaires
  • Isolation thermique et protection des organes vitaux
  • Source d'énergie dense : 1 g de lipides apporte 9 kcal, contre 4 kcal pour les protéines et glucides
  • Fonctionnement du système nerveux : le cerveau est compose a environ 60% de graisses

Les recommandations de l'Anses situent l'apport optimal en lipides entre 35 et 40% de l'apport énergétique total journalier. Le vrai enjeu n'est donc pas la quantite totale de graisses, mais leur qualité et leur diversite.

Type d'acide grasPrincipales sourcesEffet sur la santé
Acides gras satures (AGS)Viande rouge, charcuterie, beurre, fromage, huile de coco, huile de palmeEn exces : augmente le LDL-cholestérol et le risque cardiovasculaire. A limiter sans eliminer.
Acides gras mono-insatures (AGMI)Huile d'olive, avocat, noix de cajou, amandes, noisettesBénéfiques : abaissent le LDL, maintiennent le HDL. Pilier du régime mediterraneen.
Acides gras poly-insatures oméga-6Huile de tournesol, huile de mais, noix, graines de tournesolEssentiels mais souvent en exces dans l'alimentation occidentale. Ratio oméga-6/oméga-3 a equilibrer.
Acides gras poly-insatures oméga-3Poissons gras, huile de lin, noix, graines de chia, huile de colzaFortement bénéfiques : anti-inflammatoires, protection cardiovasculaire et neuronale.
Acides gras trans (AGT)Margarines hydrogeneees, viennoiseries industrielles, fritures industriellesA éviter absolument : augmentent le LDL, diminuent le HDL, pro-inflammatoires.

2. La classification des acides gras : ce que je dois savoir

Les graisses alimentaires sont composees d'acides gras, classifies selon leur structure chimique en trois grandes categories :

3. Les oméga-3 : les graisses dont je manque le plus

Les acides gras oméga-3 font partie des nutriments les plus deficitaires dans l'alimentation occidentale contemporaine. Pourtant, leur rôle dans la prévention de nombreuses pathologies est l'un des mieux documentes en nutrition.

On distingue trois types principaux :

  • L'ALA (acide alpha-linolenique) : precurseur vegetal, présent dans les graines de lin, les noix, l'huile de colza. Il doit être apporte par l'alimentation car l'organisme ne peut pas le synthetiser.
  • L'EPA (acide eicosapentaenoique) : forme marine a action anti-inflammatoire directe, presente dans les poissons gras (saumon, maquereau, hareng, sardine, anchois).
  • Le DHA (acide docosahexaenoique) : forme marine essentielle au développement et au fonctionnement du cerveau et de la retine. Presente dans les memes sources que l'EPA.

Les recommandations de l'Anses preconisent 2 portions de poissons gras par semaine pour couvrir les besoins en EPA et DHA. En France, moins d'un tiers de la population atteint cet objectif selon les études de consommation.

Le ratio oméga-6/oméga-3 est également crucial : l'alimentation occidentale presente un ratio moyen de 15:1 a 20:1, alors que le ratio optimal serait de 4:1 a 1:1. Ce déséquilibre favorise un état inflammatoire chronique de bas grade, implique dans de nombreuses pathologies chroniques.

4. Les graisses trans : les seules vraiment a bannir

Parmi toutes les graisses, les acides gras trans industriels sont les seuls dont l'elimination totale est recommandée par l'ensemble des autorites de santé. Produits lors de l'hydrogenation partielle des huiles vegetales, ils sont doublement nocifs :

  • Ils augmentent le LDL-cholestérol (mauvais cholestérol)
  • Ils diminuent simultanément le HDL-cholestérol (bon cholestérol)
  • Ils favorisent l'inflammation systémique et l'insulino-résistance
  • Ils sont associes a un risque accru de maladies coronariennes, d'AVC et de diabète de type 2

Bonne nouvelle : en Europe, la reglementation a fortement encadre leur usage depuis 2021, avec une limite legale de 2 g d'acides gras trans pour 100 g de matière grasse dans les produits transformes. Cependant, les produits ultra-transformes importes et les fritures industrielles peuvent encore en contenir. Je les repéré sur les etiquettes sous les mentions huiles partiellement hydrogeneees ou graisses vegetales hydrogeneees.

5. Mes choix concrets au quotidien

Fort de ces connaissances, voici comment j'optimise mes apports en graisses de facon simple et durable :

  • Pour la cuisson : je privilégié l'huile d'olive vierge extra (resistant bien a la chaleur modérée) ou l'huile de coco en petite quantite pour les cuissons a haute temperature. J'évité les huiles de tournesol et de mais en cuisson.
  • Pour l'assaisonnement : l'huile de colza est l'une des meilleures pour les vinaigrettes et assaisonnements a froid, grâce a son excellent ratio oméga-6/oméga-3. Je l'alterne avec l'huile d'olive.
  • Pour les protéines grasses : je consomme des poissons gras (saumon, maquereau, sardine, hareng) au moins deux fois par semaine. Je limite la viande rouge a 500 g par semaine maximum.
  • Pour les encas : une poignee d'oléagineux (noix, amandes, noisettes) plutôt qu'un biscuit industriel. Les noix sont particulièrement riches en ALA, precurseur des oméga-3.
  • Pour les produits laitiers : je ne les elimine pas mais je les consomme avec mesure. Le beurre en petite quantite n'est pas un problème dans le cadre d'une alimentation variee.

💡 Les tips à retenir

    • Les graisses ne sont pas mes ennemies : elles sont essentielles a la constitution des cellules, a la synthèse hormonale et a l'absorption des vitamines A, D, E et K.
    • Je distingue quatre types de graisses : les satures a limiter, les mono-insatures a privilégier, les oméga-3 a augmenter, et les graisses trans industrielles a eliminer.
    • Les oméga-3 sont mes alliees les plus precieuses : je mange des poissons gras deux fois par semaine et j'utilise l'huile de colza pour mes assaisonnements.
    • Je remplace l'huile de tournesol par l'huile d'olive ou de colza : c'est le changement le plus simple et le plus impactant pour equilibrer mon ratio oméga-6/oméga-3.
    • Je repéré les graisses trans sur les etiquettes : toute mention d'huiles partiellement hydrogeneees signale leur présence.
    • Une poignee de noix par jour apporte des oméga-3 vegetaux (ALA), de la vitamine E et du magnesium : un encas de bureau ideal.
    • Les lipides représentent idealement 35 a 40% de mon apport calorique total : les supprimer entièrement serait contre-productif et néfaste pour ma santé.