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Bilans de santé

Activité physique et prévention des maladies cardiovasculaires

IRIS Prévention
13 May 2026
Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde. Et pourtant, jusqu a 80 % des infarctus et AVC prematures pourraient être evites par des changements de mode de vie, dont l'activité physique régulière est le levier le plus puissant.

Illustration article activité physique - Activité physique et prévention des maladies cardiovasculair

En France, les maladies cardiovasculaires sont responsables de 140 000 deces par an, soit un deces sur quatre. Derriere ce chiffre se cachent des infarctus du myocarde, des accidents vasculaires cérébraux, des insuffisances cardiaques qui, pour la grande majorité, ne sont pas des fatalites mais des conséquences de facteurs de risque modifiables.

L'activité physique régulière agit directement sur presque tous ces facteurs de risque : tension arterielle, cholestérol, diabète, obésité, inflammation chronique, santé vasculaire. Elle est aujourd hui consideree par la communauté médicale internationale comme l'intervention de prévention cardiovasculaire la plus efficace disponible. Voici pourquoi, et comment en tirer le meilleur parti.

1. Comment les maladies cardiovasculaires se developpent

Les maladies cardiovasculaires sont dans leur grande majorité la conséquence d'un processus progressif appele atherosclerose : le depot de plaques lipidiques (graisse, cholestérol, debris cellulaires) a l'intérieur des arteres, qui les epaissit, les rigidifie et réduit progressivement le flux sanguin. Quand une plaque se rompt et forme un caillot, c'est l'infarctus ou l'AVC.

Ce processus est influence par plusieurs facteurs de risque modifiables, sur lesquels l'activité physique agit de facon directe et documentée :

2. Les chiffres cles de la protection cardiovasculaire par l'exercice

Les données épidémiologiques accumulees depuis cinquante ans sont claires et convergentes :

  • 35 % de réduction du risque de maladie coronarienne chez les personnes physiquement actives vs sédentaires (Warburton et al., CMAJ 2006)
  • Réduction de 25 % du risque d'AVC pour les personnes atteignant les recommandations OMS (Lee et al., Stroke 2003)
  • Réduction de 50 % de la mortalité cardiovasculaire chez les patients cardiaques qui pratiquent une activité physique régulière après leur episode (Taylor et al., Cochrane 2014)
  • Même une activité physique modérée, 150 minutes de marche rapide par semaine, réduit le risque d'infarctus de 30 a 35 %
  • Chaque tranche de 10 MET-heures par semaine d'activité supplémentaire réduit la mortalité cardiovasculaire de 20 % (Nocon et al., Eur J Cardiovasc Prev Rehab 2008)

3. Quel type d'exercice pour mon coeur ?

Toutes les formes d'activité physique protegent le coeur, mais avec des mécanismes et des intensites différents :

4. Le paradoxe de l'exercice intense : attention a la dose

L'exercice modéré est univoquement bénéfique pour le coeur. L'exercice intense et régulier l'est aussi pour la grande majorité des personnes en bonne santé. Mais des études récentes signalent un léger sur-risque d'arythmies (notamment de fibrillation auriculaire) chez les athletes de competition ayant pratique des sports d'endurance intense pendant de nombreuses années.

Ce phénomène, parfois appele paradoxe de l'athlete, concerné une minorite de sportifs de haut niveau et ne remet absolument pas en question les bienfaits de l'activité physique régulière pour la population générale. La conclusion est simple : la dose optimale se situe entre l'inactivite (le plus grand risque) et l'extrêmement intense (risque marginalement augmente pour certaines arythmies). Pour la grande majorité des gens, aller vers plus d'activité est toujours la bonne direction.

5. Activité physique et rehabilitation cardiaque

Pour les personnes ayant déjà vecu un episode cardiovasculaire (infarctus, pontage, pose de stent), l'activité physique n'est pas contre-indiquee, elle est recommandée et encadree. La rehabilitation cardiaque par l'exercice est l'une des interventions les mieux documentees pour réduire le risque de recidive.

Une méta-analyse Cochrane portant sur 14 486 patients (Taylor et al., 2014) montre que les programmes de rehabilitation par l'exercice reduisent la mortalité cardiovasculaire de 26 % et les hospitalisations de 18 %. Un bilan de santé cardiovasculaire permet d'évaluer ses indicateurs actuels et de déterminer le type et l'intensité d'activité physique les plus adaptés a son profil de risque.

💡 Les tips à retenir

    • L'activité physique régulière réduit de 35 % le risque de maladie coronarienne et de 25 % le risque d'AVC, des chiffres comparables ou supérieurs a ceux des meilleurs médicaments preventifs.
    • 150 minutes de marche rapide par semaine suffisent a réduire le risque d'infarctus de 30 a 35 %. Ce seuil est accessible pour la grande majorité des adultes.
    • L'exercice agit sur presque tous les facteurs de risque cardiovasculaire a la fois : tension arterielle, cholestérol, glycémie, inflammation, poids, une efficacité unique qu'aucun médicament ne peut repliquer.
    • Même après un episode cardiovasculaire, l'activité physique encadree réduit la mortalité cardiaque de 26 % et les hospitalisations de 18 %. Bouger après un infarctus, c'est se soigner.
    • Un bilan de santé cardiovasculaire permet d'évaluer ses indicateurs actuels (tension, cholestérol, glycémie, FC de repos) et de déterminer le type et l'intensité d'activité physique les plus adaptés.