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Bien-être

La psychothérapie

IRIS Prévention
26 août 2026
Entamer une psychothérapie est l'un des actes les plus courageux et les plus efficaces pour sa santé mentale, et il n'est jamais trop tôt ni trop tard pour commencer.

Aller voir un psy. Pour beaucoup d'entre nous, cette idée déclenche encore de la résistance : « je ne suis pas fou·folle », « je devrais m'en sortir seul·e », « ça ne sert à rien ». Pourtant, la psychothérapie est l'un des outils les mieux documentés et les plus efficaces de toute la médecine pour traiter la souffrance psychologique, prévenir les rechutes et améliorer durablement la qualité de vie. Selon une méta-analyse de Cuijpers et al. publiée dans World Psychiatry (2019) analysant plus de 400 études, la psychothérapie est aussi efficace que les médicaments pour la dépression et les troubles anxieux, avec un effet plus durable à long terme. Mais face à la multiplicité des approches, comment s'y retrouver ? Quel type de thérapie pour quel type de problème ? Cet article est votre guide pratique.

1. Psychologue, psychiatre, psychanalyste : qui fait quoi ?

Mon médecin généraliste est le premier interlocuteur : il peut évaluer ma situation, exclure une cause organique et orienter vers le bon professionnel. En cas de trouble psychiatrique avéré (dépression sévère, trouble bipolaire, psychose), un psychiatre est indispensable.

ProfessionnelFormationCe qu'il ou elle faitPrescrit des médicaments ?
PsychiatreMédecin spécialisé en psychiatrie (bac+10)Diagnostic, traitement médicamenteux, psychothérapieOui
Psychologue clinicienMaster en psychologie clinique (bac+5)Évaluation, psychothérapie, bilan psychologiqueNon
PsychothérapeuteTitre réglementé depuis 2012 (formation spécifique requise)Psychothérapie dans l'approche de sa formationNon
PsychanalysteFormation spécifique en psychanalyse (non réglementée)Travail en profondeur sur l'inconscient et l'histoire de vieNon
Médecin généralisteBac+9Premier recours, orientation, suivi globalOui

2. Les principales approches thérapeutiques

La TCC (Thérapie Cognitive et Comportementale) : approche structurée, orientée sur le présent, qui travaille sur les liens entre pensées, émotions et comportements. Traitement de référence pour les troubles anxieux, la dépression, les phobies, le TOC, le PTSD, les TCA. Durée typique : 12 à 25 séances. Efficacité la plus documentée dans la littérature scientifique.

L'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) : technique de retraitement des souvenirs traumatiques par stimulation bilatérale. Recommandée par l'OMS pour le PTSD. De plus en plus utilisée pour les traumatismes complexes, les phobies et certaines dépressions.

La DBT (Dialectical Behavior Therapy) : développée pour le trouble borderline, elle apprend des compétences de régulation émotionnelle, de tolérance à la détresse et d'efficacité relationnelle. Très utile aussi pour les personnes hypersensibles ou avec des comportements impulsifs.

La thérapie psychodynamique : inspire de la psychanalyse mais plus courte et plus focalisée. Elle explore les patterns répétitifs, les conflits inconscients et l'histoire de vie pour comprendre le présent. Particulièrement utile pour les troubles de la personnalité, les difficultés relationnelles chroniques et les questions identitaires.

La thérapie humaniste / centrée sur la personne (Rogers) : l'accent est mis sur l'écoute inconditionnelle, l'empathie et la confiance dans les ressources propres de la personne. Très utilisée pour les crises existentielles, le développement personnel et l'accompagnement du deuil.

L'ACT (Acceptance and Commitment Therapy) : thérapie de troisième vague centrée sur l'acceptation psychologique et l'engagement dans des actions alignées avec ses valeurs. Efficace pour l'anxiété, la dépression, la douleur chronique et le burn-out.

Situation ou troubleApproche(s) recommandée(s)
Anxiété, phobies, TOCTCC (traitement de référence), EMDR pour les phobies post-traumatiques
Dépression légère à modéréeTCC, thérapie interpersonnelle, ACT
Dépression sévère ou récurrenteTCC + traitement médicamenteux (psychiatre)
PTSD, traumatismesEMDR, TCC centrée sur le trauma (exposition prolongée)
Trouble borderlineDBT (traitement de référence), MBT, TFP
Burn-out, épuisementTCC, ACT, thérapie humaniste
Difficultés relationnelles, identitéThérapie psychodynamique, thérapie des schémas, thérapie systémique
Deuil, crise existentielleThérapie humaniste, thérapie du deuil (Worden)

3. Quelle thérapie pour quelle situation ?

4. Comment trouver le bon thérapeute et comment s'y préparer

Par où commencer : mon médecin généraliste peut m'orienter. Les annuaires de référence incluent Doctolib, le répertoire de l'Ordre des Psychologues (ordres.psychologues.fr), et les annuaires spécialisés par approche (AFTCC pour la TCC, EMDR France pour l'EMDR).

La première séance : c'est une rencontre réciproque. Je peux poser des questions sur l'approche du thérapeute, ses qualifications, sa façon de travailler. Si après deux ou trois séances le lien ne se crée pas, il est légitime de chercher un autre professionnel, la qualité de l'alliance thérapeutique est l'un des meilleurs prédicteurs de l'efficacité.

Le remboursement : depuis 2022, le dispositif MonPsy permet un remboursement partiel de 8 séances chez un psychologue conventionné, sur prescription du médecin traitant. Les consultations psychiatriques sont remboursées comme tout acte médical.

La durée : une TCC pour une phobie spécifique peut prendre 8 à 15 séances. Un travail psychodynamique sur des patterns de fond peut prendre plusieurs années. La durée dépend de l'objectif, de la profondeur du travail et du rythme de chacun.

💡 Les tips à retenir

    • Aller voir un thérapeute n'est pas réservé aux cas sévères : la psychothérapie est aussi efficace que les médicaments pour la dépression et les troubles anxieux, avec un effet plus durable à long terme.
    • Je choisis l'approche en fonction de mon objectif : TCC pour anxiété et phobies, EMDR pour traumatismes, DBT pour régulation émotionnelle intense, thérapie psychodynamique pour les patterns relationnels.
    • La qualité de l'alliance thérapeutique est l'un des meilleurs prédicteurs d'efficacité. Si après deux ou trois séances le lien ne se crée pas, changer de thérapeute est légitime, pas un échec.
    • Depuis 2022, le dispositif MonPsy permet un remboursement partiel de 8 séances chez un psychologue conventionné sur prescription du médecin traitant. C'est un premier pas accessible.
    • Mon médecin généraliste est le premier interlocuteur : il peut orienter vers le bon professionnel selon ma situation. Je n'attends pas que ça devienne insupportable pour franchir ce premier pas.